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A la croisée des chemins - Basse chaussée et bosse fontaine

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A la croisée des chemins - Basse chaussée et bosse fontaine

croisée cheminsOn the road again...ou, comme on dit, rouler sa bosse...
Nos campagnes sont tapissées d'un écheveau très dense de routes et de chemins qui s'est progressivement mis en place après que des groupes humains se soient approprié le sol et aient senti le besoin de communiquer. La route fascine. Elle permet la circulation des hommes, des produits, des idées.

Elle favorise les rapprochements, les contacts mais aussi les confrontations et les affrontements. Elle représente le voyage, la découverte, l'inconnu, le mystère, le danger. Elle est source de profits et elle répand la mort. On a tous en tête l'une ou l'autre image d'Epinal où un groupe de pauvres villageois apeurés s'enfuit à l'irruption d'une troupe de barbares hirsutes et assoiffés de sang apparaissant à l'horizon. Elle fait l'objet d'un genre à part entière de la production cinématographique, le road-movie, où elle symbolise souvent la quête initiatique d'un individu. Rien d'étonnant donc à ce que tous les "enquêteurs" du passé, historiens, archéologues et autres antiquaires du 19ème siècle, se soient ingéniés à identifier, au sein de ce réseau touffu, les grandes voies de communication en rapport avec les principaux courants de civilisation qui ont irrigué nos régions.

Le mythe absolu dans ce domaine, c'est bien sûr la chaussée romaine, qui est devenue, avec le système de chauffage par hypocauste, l'emblème d'une technologie faite pour durer, synonyme de modernité, de permanence, de robustesse, dernière notion dont rend bien compte le mot "chaussée", car le latin calciata, dont il provient, signifie "pavé à la chaux".

Au-delà des clichés, la principale route romaine de nos régions, la Bavay-Tongres-Cologne, structure encore, de manière étonnante parfois, le paysage de la Hesbaye et constitue toujours par endroits la limite entre les provinces de Namur et de Brabant wallon. Elle est doublée un peu plus au sud par un autre axe à peu près parallèle, beaucoup moins connu, et dont le tracé a fâcheusement tendance à disparaître. Il s'agit de la route connue sous le nom de Basse Chaussée sur l'antiquité de laquelle de nombreux chercheurs se sont interrogés sans parvenir à apporter de réponse satisfaisante. D'est en ouest, venant de la Hesbaye liégeoise, elle entre sur le territoire de la commune de Namur à Cognelée où elle donne son nom à la rue Basse Chaussée. Elle traverse alors les campagnes de Daussoulx avant de franchir la vallée du Houyoux entre Rhisnes et La Falize. Elle passe ensuite au nord de Suarlée et de Temploux où elle se confond avec le Vieux chemin de Namur à Mons. Actuellement, certains tronçons ont quasiment disparu et ne sont plus décelables que par des mouvements de terrain ou des limites cadastrales. Ce phénomène d'érosion était déjà en cours au 19ème siècle, voire avant, mais il s'est considérablement accéléré de nos jours.

Il est difficile de donner un âge précis à ce vieil itinéraire. Il était certainement en place au bas moyen âge. La plupart des auteurs le considèrent comme romain, voire plus ancien encore. Un des arguments régulièrement avancés était la proximité de vestiges attribués à cette époque, par exemple à Temploux. A l'extrémité de ce village en effet, à la limite avec Spy, existait encore au 19ème siècle une butte de terre artificielle, au nom évocateur de Bosse Fontaine, considérée alors comme un tumulus romain. Edouard Del Marmol, qui le fouilla en 1857, s'obstina à le publier comme tel, alors que les quelques objets exhumés à cette occasion et qui sont conservés au Musée archéologique de Namur sont manifestement médiévaux. Selon toute vraisemblance, la Bosse Fontaine était plutôt une tour sur motte, résidence d'une famille de chevaliers, peut-être les "de Fontaine", connus dans le Namurois à la fin du 12ème siècle, mais dont on n'a pu déterminer, jusqu'à présent, le point d'attache et qui disparaissent au 13ème siècle...

Sur les cartes d'état-major actuelles, l'endroit est devenu la Basse Fontaine ! Bel exemple d'un autre type d'érosion, toponymique cette fois, qui pourrait conduire à l'ignorance et à l'oubli, si l'on n'y prête garde...

Jean-Louis Antoine

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