Les places de marchés du centre-ville - Marché aux légumes, Place de l'Ange, Grognon...

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Les places de marchés du centre-ville - Marché aux légumes, Place de l'Ange, Grognon...

place marche centre villeRiche de la présence de quelque 180 commerçants ambulants, fréquenté tous les samedis par environ 15.000 personnes, le marché de Namur se déploie aujourd'hui dans les rues et sur les places du centre-ville. Ses couleurs, sa vitalité, sa popularité sont les héritières d'une longue tradition qui plonge ses racines dans le passé le plus lointain de la cité.
Quelques noms de lieux ont traversé les ans pour nous rappeler l'existence des marchés d'autrefois, et de leur spécialités. Ainsi tous les Namurois connaissent la place du Marché aux Légumes. Elle a certes perdu sa fonction première, mais elle est restée un endroit de grande convivialité où bat le cœur de la cité. Aujourd'hui, les deux grandes places du marché, celle de l'Ange et celle du Palais de Justice, portent des noms évoquant d'autres réalités. A travers le temps, les marchés se sont déplacés, ont disparu, se sont regroupés. Et les lieux mêmes qui les ont accueillis ou qui les accueillent encore aujourd'hui se sont modifiés, parfois considérablement, et l'imagination, s'appuyant sur des sources historiques, est bien nécessaire pour tenter de comprendre la topographie d'antan.

Suivons le marché dans ses localisations récentes

C'est en 1987 qu'il a commencé à se répandre dans les rues de Fer et de l'Ange notamment. Il quitte ensuite la place du Marché-aux-Légumes. En 1995, il abandonne la place d'Armes, la place Maurice Servais et le Grognon, où se trouvait le marché aux fleurs. Aujourd'hui, il s'étend dans l'axe rue de Fer – rue de l'Ange, et dans les rues de la Monnaie, Emile Cuvelier (en partie), Saint-Jacques, de Bruxelles et Lelièvre, ainsi que sur les places de l'Ange et du Palais de Justice.
La place de l'Ange tire son nom d'une enseigne d'auberge. Sous l'Ancien Régime s'y tenait l'important marché des fèvres (du latin faber, « artisan », « ouvrier travaillant les corps durs»,) où se vendaient les objets façonnés par les artisans du fer, forgerons, serruriers, couteliers, cloutiers ou encore horlogers. La place était coupée en deux par un pâté de maisons, bordé d'un côté par la rue de l'Ange et de l'autre par une rue étroite, la rue de la Cloche. La première de ces places est devenue ensuite le marché aux poulet et la seconde le marché aux arbres. C'est du côté du marché aux poulets que se dresse depuis 1791 environ la pompe monumentale due aux ciseaux du sculpteur namurois François-Joseph Denis (1749-1832).
En 1936, la Ville a décidé d'élargir la rue de l'Ange. Le pâté de maisons est abattu et la nouvelle place est inaugurée deux ans plus tard. C'est au n°36 de la rue de l'Ange, dans une des maisons de cet îlot détruit, qu'est né, le 24 mai 1899, le poète Henri Michaux.

Aux Martyrs de la Révolution

Le palais des gouverneurs du Comté a été construit en 1631 à la place d'un hôtel habité au XVe siècle par le dernier comte de Namur. Il a subi d'importantes restaurations et transformations au XIXe siècle et est devenu palais de justice. Vers 1747-1748, une salle de spectacles a été construite à proximité de la résidence des gouverneurs. La place s'est alors appelée rue des Spectacles. Après 1830, elle porte le nom de place des Martyrs, rappelant les héros de la Révolution en souvenir desquels un monument a été installé au coin de la rue Verte, aujourd'hui rue Grafé. Elle prend ensuite le nom de place du Palais de Justice.
A proximité de l'église Saint-Jean-Baptiste, se dressait, jusqu'au XVIIIe siècle, une église dédiée à Saint-Loup, entourée de son cimetière, et bordée d'une petite place, la place Saint-Loup. En 1777, cette église Saint-Loup est désaffectée, et son patronyme est repris par l'ancienne église Saint-Ignace, située rue du Collège, construite par les jésuites de 1621 à 1645, et devenue paroissiale après la suppression – temporaire – de cet ordre religieux en 1773. L'ancienne église Saint-Loup sera détruite et son cimetière rasé pour créer une place publique qui portera le nom de Marché aux Légumes. Quant à la pompe qui se dresse au centre de la place, elle est l'œuvre de François-Joseph Denis et date de la même époque que celle qui orne la place de l'Ange.

Le cabaret des échevins

La place d'Armes actuelle et ses environnements immédiats occupent grosso modo le site de la Grande Place, issue de l'agrandissement du marché Saint-Remy. C'est sur ce dernier que les échevins se réunissaient, dès le début du XIIIe siècle, en plein air tout d'abord, au pied d'un perron, puis sous un appentis contigu à la chapelle Saint-Remy. Très vite, une maison modeste, le cabaret des échevins, est construite. Le mot « cabaret » correspond au français « chambrette », « petite chambre » avec, dans ce cas-ci, le sens de « endroit où l'on juge ». Le cabaret et la chapelle sont détruits en 1514, et le perron disparaît l'année suivante. A la même époque, trois maisons contiguës sont aménagées afin de servir d'hôtel de Ville ; en 1574 enfin, la ville soucieuse de donner plus d'espace à sa maison communale, acquiert l'Hôtel de Brogne, situé le long d'une rue répondant au nom pittoresque de Cul d'Oison. A partir de 1828, un nouvel hôtel de Ville est érigé sous le régime hollandais ; il est détruit par les Allemands en 1914, et sa disparition mettra fin à quelque 7 siècles de vie politique communale sur la Grande Place. La place Saint-Remy s'étendait à l'origine du côté de la rue de Marchovelette – nom donné en souvenir de l'héroïque résistance de ce fort de la position fortifiée de Namur en 1914 – et sous l'actuel bâtiment de l'Innovation. C'est de ce côté que se trouvaient le perron, le cabaret des échevins et la chapelle. Sa configuration s'est modifiée et elle s'est agrandie progressivement pour occuper le bas de la place d'Armes, et l'actuel marché Saint-Remy jusqu'à la rue Bas de la Place.

L'arbre de la Liberté

Creuset de la vie politique municipale, la place Saint-Remy était lieu de marché, mais aussi théâtre de fêtes et de réjouissances publiques. Les archives ont gardé la mémoire des mystères, ces grands spectacles religieux, qui y étaient joués au XVe siècle. C'est là que les Français, venus annexer nos régions, ont planté, le 22 juillet 1794, l'Arbre de la Liberté, marquant ainsi symboliquement pour les Namurois la fin de l'Ancien Régime.

La place Maurice Servais a pris le nom de cet homme politique (1863-1961), qui fut Echevin des Travaux à Namur pendant 29 ans et Sénateur pendant plus de 20 ans. Elle a été constituée après la seconde guerre mondiale par la démolition progressive d'un pâté de maisons bordé d'un côté par la rue du Four et de l'autre – côté place d'Armes – par le marché couvert. Ce dernier était, sous l'Ancien Régime, une halle aux blés, dont la plus ancienne mention remonte à 1270, et où se tenait le principal marché de ce type pour la région. En 1953, on y installe une plaine de jeux pour les enfants du quartier. En 1957, elle est une dernière fois élargie puis devient un parking pour automobiles...

Le Grognon, site namurois emblématique par excellence a fait l'objet ces dernières années de fouilles archéologiques qui aident à mieux en comprendre l'occupation. En toponymie, le terme « grognon » désigne une extrémité, un cap, un promontoire, suivant la disposition des lieux. Il dérive du latin gru(n)nire, « grogner » qui a donné grunium, « groin de porc », devenu en ancien français « gruing » ou « groing ». Cette utilisation du terme pour désigner un lieu se serait donc faite par allusion à la forme du museau d'un porc ou d'un sanglier.

Les poissons, de mer ou d'eau douce, étaient, sous l'Ancien Régime, vendus à l'applé, sous une galerie couverte située en aval du pont, sur la rive droite de la Sambre, face à la boucherie ou Halle al' Chair. Le mot « applé » vient du latin applictum. Il désigne le lieu où sont étalées les marchandises ou le débarcadère .

Dans la prochaine chronique, nous parlerons des places de Namur ayant servi de marché autrefois, et dont certaines ont aujourd'hui entièrement disparu, ainsi que la place Chanoine Descamp, que le marché a délaissée vers le début des années 90.

Michel GILLES

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