Malone et la forêt de Marlagne

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C'est sans doute énoncer une banalité que de constater que Malonne apparaît d'abord comme une constellation de hameaux, qui sont autant de clairières gagnées sur la forêt. Cette profusion de lieux-dits en fait le paradis des toponymistes selon lesquels le nom même du village dérive de celui de la Marlagne, qui signifierait « grande forêt ».

Le couvert boisé ne favorise évidemment pas les prospections ni les observations archéologiques, mais, de loin en loin, des travaux de défrichement, de culture ou de voirie ont fait apparaître quelques haches polies et silex taillés qui trahissent une fréquentation humaine dès le Néolithique.

Les gallo-romains, eux, s'y sont véritablement installés comme en témoignent des traces d'habitat à Reumont et un petit cimetière des 2ème-3ème siècles au Gros-Buisson, fouillé en 1885. Il faut y ajouter un trésor de monnaies enfoui au 3ème siècle dans le bois de la Vecquée, à l'issue de circonstances qui nous resteront toujours inconnues.

L'endroit n'était donc sans doute pas totalement vide lorsque Bertuin, évêque anglo-saxon de noble extraction, y établit une abbaye dans le courant du 7ème siècle. Bien que plus récent d'un siècle au moins, le récit de la vie du fondateur a relativement bonne presse parmi les historiens qui, au sein d'éléments de merveilleux, y relèvent pas mal d'informations fiables  : l'auteur nous conte ainsi comment un ange apparut en rêve à Bertuin et lui enjoignit de se rendre sur le continent, dans la « grande forêt » de Marlagne, afin de s'établir près d'un petit affluent de la Sambre nommé le Landoir. Il décrit la forêt comme un refuge de bêtes féroces, un repère de brigands et une « demeure de démons ». Pieux cliché d'un auteur soucieux d'opposer les ténèbres du paganisme aux lumières de la « vraie religion » ? Peut-être, mais comme on l'a fait remarquer, pour ses deux premières composantes au moins, la description est plausible. On me permettra de souligner le lien privilégié qui s'établit, dès l'origine, entre la forêt et l'abbaye : il est toujours plus facile d'obtenir des terres pauvres ou abandonnées, mais se fixer en Marlagne, (relativement) loin du monde c'était sans doute aussi, pour Bertuin, assouvir une tendance érémitique marquée.

Sous la férule de Liège

C'est aussi la présence de l'abbaye qui va donner à l'histoire de Malonne son originalité et comme un petit air d'exception culturelle locale. Car, comme Jambes, Malonne va devenir liégeoise ! En effet, au début du moyen âge, sous les carolingiens, les différentes régions de l'Empire, dont la nôtre, étaient administrées par des fonctionnaires qu'on appelait des « comtes ». Petit à petit, ceux-ci, profitant de l'éloignement et de l'affaiblissement du pouvoir central, cherchèrent à rendre leur fonction héréditaire et à se tailler des principautés familiales. Les souverains s'appuyèrent alors sur les évêques considérés comme plus sûrs parce que, théoriquement du moins, ils ne pouvaient avoir de descendance. De plus en plus de territoires leur furent confiés qui échappèrent ainsi au contrôle et à l'avidité des grands. C'est ce qui s'est passé à Malonne, où, probablement avant 870, l'abbaye et son domaine furent offerts par l'empereur à l'évêque de Liège qui va ainsi devenir seigneur du lieu à la place du comte.

Jean-Louis Antoine

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