Mystère autour de la Pierre du Diable

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Mystère autour de la Pierre du Diable

Mystère autour de la Pierre du DiableLes points forts de l'histoire de Jambes ont été naguère popularisés par Félix Rousseau dans un de ces articles aussi solidement charpentés qu'agréables à lire dont il avait le secret. Le nom de la localité évoquerait le confluent sur lequel elle offre la meilleure vue. Il est souvent associé à son célèbre pont ou au donjon d'Anhaive où mourut l'évêque de Liège Jean de Flandre le 14 octobre 1291, donjon qui fait aujourd'hui l'objet d'une restauration. 
Je voudrais ici mettre plutôt l'accent sur deux monuments disparus qui ont laissé des traces dans la toponymie.

La rue de la Pierre du Diable, à Velaine, rappelle l'existence d'un mégalithe qui se trouvait en réalité dans les dépendances d'une maison de la rue de Dave. Aménagé en cave à vin ( !) vers 1800, il fut assez stupidement détruit en 1820 pour en récupérer les matériaux. On en a heureusement gardé des descriptions contemporaines et un croquis qui a servi à la confection de la gravure qui illustre cet article. Il s'agissait d'un dolmen constitué d'une dalle de pierre aux dimensions impressionnantes (environ 2,80m de longueur sur plus d'1m de largeur et 50 cm d'épaisseur) posée sur deux supports verticaux. Il est mentionné comme repère topographique dans un testament dès 1273 ce qui en fait le premier monument mégalithique de nos régions attesté par des écrits. Le mystère qui entourait ses origines et sa fonction primitive lui a valu au cours des temps des dénominations aussi diverses que pittoresques : à la fin du 15ème siècle, on en parle comme de la "Pierre Brunehaut" du nom de cette reine mérovingienne à laquelle on attribua quasi systématiquement au Moyen Age les monuments anciens aux origines inexpliquées. Au 18ème siècle, il devient la "Pierre du Diable", et au 19ème, certains y voient un autel ayant servi à des sacrifices druidiques. Il a bien sûr été un support privilégié pour les inévitables légendes liées au dieu Nam et à la "Gatte d'or".

Au fait, il s'agissait vraisemblablement d'une chambre sépulcrale enterrée sous un tertre.  Sa destruction précoce, effectuée sans beaucoup d'observations, n'a pas permis de vérifier cette fonction funéraire. Mais curieusement, le site a, beaucoup plus tard, servi de champ de repos à une maigre population gallo-romaine dont quelques tombes furent retrouvées à la fin du 19ème siècle. Persistance d'un caractère sacré par-delà les siècles ? La présence d'une chapelle au début du 19ème siècle encore, comme on le voit sur la gravure, pourrait en tout cas le laisser croire.

Selon les préhistoriens, le dolmen de Jambes appartiendrait à un groupe plutôt nordique (centré sur l'Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas) de monuments similaires, produits par une culture qui florissait dans la seconde moitié du troisième millénaire avant notre ère. Il en serait même l'exemplaire le plus méridional actuellement connu.

Hommage à saint Calixte

Au centre de Jambes, la rue et la place Saint-Calixte nous offrent le prétexte d'un bond de quelques millénaires. C'est en effet sous la protection de saint Calixte qu'un hôpital fut fondé ici en 1252 à l'usage d'un béguinage mentionné, lui, pour la première fois en 1248. A l'époque, les malades étaient groupés dans une salle commune à une extrémité de laquelle était aménagée une chapelle dédiée à l'un ou l'autre saint. On associe généralement les béguinages à la Flandre où cette forme de dévotion connut un développement extraordinaire et nous a laissé quelques merveilleux ensembles architecturaux au charme désuet. On ignore généralement qu'ils furent nombreux en Wallonie aussi et Namur en a compté plusieurs, dont l'un dès la première moitié du 13ème siècle. Certains chercheurs pensent même que c'est à Liège que naquit le mouvement, sous l'instigation d'un certain Lambert le Bègue qui lui aurait donné son nom.

Après la disparition des béguines et de leur hôpital, le souvenir s'en perdit assez vite si bien qu'au 19ème siècle, on parlait de la rue du « Calice ». C'eût été dommage : avec saint Calixte et saint Symphorien auquel est dédiée l'église paroissiale, Jambes a le privilège de posséder deux saints protecteurs assez rares.

Calixte et Symphorien, deux vieux prénoms bien sympathiques qu'on pourrait peut-être envisager de réhabiliter : suggestion aux Jamboises et aux Jambois d'aujourd'hui...

Jean-Louis Antoine

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