Faunesse - Camille Van Camp (Tongres 1834 - Montreux 1891)

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Faunesse - Camille VAN CAMP
Camille Van Camp - Faunesse
Huile sur toile marouflée sur bois
103 x 187 cm
Signée, non datée

Cette œuvre, qui suscita en 1876 une polémique mêlant critiques enthousiastes contre conservateurs, fut acquise par la Ville l'année suivante pour 3.500 francs de l'époque. Elle est une des rares peintures rescapées de l'incendie de l'Hôtel de Ville par la soldatesque en 1914. L'auteur y représente, vue de dos et dans une pose alanguie, une femme nue aux pieds fourchus et aux oreilles pointues, une faunesse, face à un animal ou une créature fantastique voire mythologique, difficilement identifiable, la toile ayant été quelque peu altérée par le temps. La scène se passe dans un sous-bois où quelques trouées dans les ramures laissent plonger, de part et d'autre de la composition, les rayons d'un soleil que l'on devine radieux. Là où la lumière s'accroche, la palette se sature de lumière et la touche du peintre se fait plus nerveuse alors que le corps de cette faunesse, ainsi que l'avant-plan, laissent les ombres et les lumières dialoguer entre elles dans des tons dégradés sur ce nu assez plantureux, et de façon plus franche dans l'avant-plan. Le reste de cette composition de structure assez « classique » se décline dans des tons sombres.

Van camp fut, de 1848 à 1853, élève à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles où il fréquenta les ateliers de François-Joseph Navez, Louis Gallait et Louis Huard. Peintre réaliste attiré par les scènes peintes en plein air, « sur le motif », il réalisera des paysages, des scènes de batailles, des sujets historiques, des nus, mais aussi des portraits. Il s'adonnera également à l'aquarelle et à l'eau-forte. Il sera d'ailleurs un des premiers membres de la Société internationale des Aquafortistes, fondée par Félicien Rops le 4 décembre 1869 pour « la rénovation de l'eau-forte en Belgique » (extrait de la correspondance de Rops). A l'instar de ce dernier, Van Camp illustra « La légende et les aventures d'Uylenspiegel et de Lamme Goedzak » de Charles de Coster.

L'année précédente, il fut membre fondateur de la Société Libre des Beaux-Arts, qui prônait un certain anti-romantisme par une approche « réaliste » de la nature. Rops y apporta sa caution et participa à la première exposition du groupe en y envoyant, notamment, sa gravure « Enterrement en pays wallon » (Namur, Musée F. Rops).

Camille Van Camp fut encore l'animateur de la revue « L'Art Libre », dont le premier numéro parut le 15 décembre 1871. Soutenant la Société Libre des Beaux-Arts, elle prônait un renouvellement de l'art à partir de l'interprétation libre et individuelle de la nature. Van Camp était donc productif y compris en dehors de son activité de plasticien et il contribua certainement, malgré les apparences et à sa façon, à l'avènement de l'Art moderne. En 1864, il stimula d'ailleurs Hippolyte Boulenger (Tournai, 1837 – Bruxelles, 1874) à s'initier à la peinture de paysage en plein air à Tervueren, où oeuvraient déjà d'autres artistes. Boulenger, décédé trop jeune, jouera pourtant un rôle significatif dans le développement de la peinture de paysage en Belgique.

Thierry Oger
(photo : Jacques Leurquin)

 

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Sources disponibles à la Bibliothèque communale, venelle des Capucins :

Le dictionnaire des peintres belges, du XIVème siècle à nos jours, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1995

DELEVOY, Robert L., LASCAULT, Gilbert, VERHEGGEN, Jean-Pier et CUVELIER, Guy : Félicien Rops, Bruxelles, Lebeer Hossmann, 1985

HIERNAUX, Luc : Les grandes manifestations artistiques et les avatars d'un musée des Beaux-Arts à Namur au XIXème siècle, in De la Meuse à l''Ardenne, n°13, 1991

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