Le passage d’eau de Lives-sur-Meuse pa Désiré MERNY (Namur 1865 - 1947)

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Le passage d’eau de Lives-sur-Meuse pa Désiré MERNY
Désiré MERNY
Le passage d'eau de Lives-sur-Meuse
Huile sur toile, 59 x 110 cm
signée dans le coin inférieur droit : D. Merny

C'est peut-être dans l'après-midi d'une belle journée d'été que le passage d'esu de Lives, en aval du confluent de Sambre et Meuse, est évoqué. Le fleuve est paresseux et il fait bon flâner à ses abords, se reposer au bord de sa fraîcheur, tutoyer l'ombre des frondaisons ou se baigner dans la lumière d'une clairière. La barque du passeur est vide, aucun personnage ne point à l'horizon. Seule une péniche glisse près de l'autre rive. Calme, volupté !

Merny restitue cette atmosphère en cinq plans successifs dont les tons s'amenuisent progressivement dans une dominante verte sur la gauche, le bleu très doux se mêlant au gris, au mauve, au rose et encore bien d'autres couleurs sur la droite. Quelques touches claires rendent le jeu de la lumière. Les lignes ascendantes des troncs d'arbres évitent le dispersion du regard et assurent la liaison entre les différentes « plages » horizontales. Si ce paysage est sans surprise, fort « classique » il est cependant bien construit. C'est du bon travail, un bon Merny.

Essentiellement paysagiste -tant à l'huile qu'à l'aquarelle- Désiré Merny entame sa formation à l'Académie des Beaux-Arts de Namur en 1884. Inscrit au cours du peintre Jacques-Louis Bonnet, il est primé dès la première année. Trois ans plus tard on le retrouve élève, toujours à Namur, de Théodore Baron. Celui-ci le marqua profondément. Il avait résidé sporadiquement à l'Auberge du Renard, à Tervuren, où se retrouvaient des peintres intéressés par l'étude directe, « sur le motif » de la nature. On parle de « l'Ecole de Tervuren ». Baron est ainsi un paysagiste dans l'âme dont Merny dut être un élève bien considéré puisqu'en 1893, il se voit confier le cours de dessin et que trois ans plus tard il partage la charge de professeur de peinture avec son maître. Il n'en restera pas là et deviendra directeur de l'Académie en 1917, charge qu'il n'abandonnera qu'en 1939. C'est lui qui lança notamment la formation en arts appliqués.

Complémentairement à son activité de peintre, Merny devient en 1884 membre du cercle « Le Progrès » en même temps qu'il débute dans la classe de Bonnet. Fondée en 1881, cette association aux buts essentiellement intellectuels et philanthropiques vécut jusqu'à la veille de la deuxième guerre mondiale. Une de ses devises était « Art et Charité ». Elle organisait des conférences, des excursions, des soirées musicales, des représentations dramatiques ou encore des concours artistiques et littéraires. En 1887, alors qu'il est élève de Baron, Merny en devient commissaire, c'est-à-dire administrateur. Il en sera par la suite le dernier président et marquera l'esprit des expositions qui, à partir des années 1920, resteront la seule organisation produite par le cercle. Leur but était de diffuser le culte des arts plastiques et de permettre aux jeunes artistes namurois de montrer ce qu'ils font, « sans sévérité, dit Merny, attendu que notre rôle est de leur permettre par des comparaisons sages et réfléchies à se juger eux-mêmes et à puiser dans les œuvres de leurs aînés les éléments et les enseignements capables d'ouvrir leur horizon et former leur expérience » (cité par L. Hiernaux, p.125, voir bibliographie).
Méfiant des innovations artistiques, Merny reconnaissait cependant légitimes les recherches d'autres artistes hors des sentiers battus, mais sans leur reconnaître de réelle valeur. Cela poussa dix-sept jeunes peintres et sculpteurs à fonder le cercle « L'Esquisse » dont la première exposition fut inaugurée le 20 septembre 1934, à la Bourse de commerce (place d'Armes). Ils accueilleront par la suite des jeunes de leur trempe venus de tout le pays, et notamment des membres du groupe « Nervia » dont Rodolphe Strebelle fut membre.
Il n'empêche : pendant quarante-six ans Désiré Merny se dévoua à l'enseignement artistique, nous laissant des paysages des vallées de l'Ourthe, de la Lesse, du Condroz, de la Campine ou encore de la côte belge mais aussi, bien entendu, de la région namuroise. Cette vue du passage d'eau de Lives en est un bel exemple.

                                Thierry Oger
                                (photo : Jacques Leurquin)

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Sources disponibles à la Bibliothèque communale, 6, venelle des Capucins :

« Dictionnaire des peintres belges, du XIVème s. à nos jours »
 Bruxelles, La renaissance du Livre, 1995
« Arts plastiques dans la province de Namur. 1800-1945 » Bruxelles, Crédit communal, 1993, et plus particulièrement la notice biographique de Merny par Claude Charlier et la notice « La promotion des Beaux-Arts : musées, expositions, cercles et critiques d'art » par Luc Hiernaux

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