Retour des champs - Ferdinand MARINUS (Anvers 1808 - Namur 1890)

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Retour des champs - Ferdinand MARINUS
Ferdinand MARINUS - Retour des Champs
Huile sur toile, 67 x 122 cm
Non signée, non datée

Dans un décor de vallée boisée, un petit groupe revient de la moisson, comme l'atteste la charrette bondée de foin. Un quatrième personnage, le seul piéton –à part deux bœufs, un cheval et un chien- suit à distance. Est-il à la traîne ou leur est-il étranger ? Toujours est-il qu'il revient du champ lui aussi, portant un panier à provisions. La lumière vient de la droite de la composition, qui paraît ternaire : une première partie délimitée par le chemin qui serpente, une partie centrale avec le bouquet d'arbres et une partie gauche avec le pont puis le village. Dans l'axe également, on pourrait percevoir un principe ternaire : un avant-plan jusqu'à la charrette incluse, un plan moyen jusqu'au rocher à l'arrière du bosquet, et un arrière-plan au-delà. Les personnages, la charrette et les animaux jouent un rôle essentiel, ils équilibrent la composition et lui donnent du poids, de la consistance.

On pourrait voir dans ce « retour des champs » le prétexte pour peindre un paysage, thème que la peinture néoclassique (fin 18ème – début 19ème siècles) avait relégué à un rang secondaire, lui préférant notamment les sujets inspirés de l'histoire et de la mythologie antiques, ainsi que le portrait. Le néoclassicisme donne également la préséance à la ligne, au dessin, sur la couleur, il réagit aux styles baroque et rocaille (ou rococo) en s'inspirant essentiellement de l'Antiquité que l'on redécouvrait alors par l'archéologie naissante. L'effusion y est aussi l'exception, tout est contenu, quasi hiératique, y compris dans les épisodes dramatiques. La raison domine la sensibilité, et cela finira par engendrer la réaction romantique. Ce « Retour des champs » n'est pas à proprement parler un paysage romantique mais, comme l'a écrit André Dulière (cfr bibliographie, p.288) « il illustrerait avec bonheur un roman bucolique ».

Retour des champs - Ferdinand MarinusAnversois, Marinus a reçu sa première formation à l'Académie des Beaux-Arts de sa ville natale où il eut principalement pour maître Mathieu-Ignace Van Brée (1773-1839) qui avait parachevé son apprentissage à Paris, pour en revenir nourri des principes de l'école de Jacques Louis David (1748-1825), le peintre néoclassique le plus connu. Marinus fréquenta également l'atelier de Balthasar Paul Ommeganck (1755-1826), qui est considéré par d'aucuns comme le précurseur du paysage romantique dans nos régions. Voilà donc un apprentissage aux tendances mélangées. Dans sa vingtième année, Marinus parcourut l'Europe afin de fréquenter les grands musées pour y copier les œuvres de grands maîtres, mais aussi pour découvrir (et assurément dessiner, peindre) la nature. Il visite ainsi la France et Paris mais aussi la Hollande, l'Italie, l'Allemagne et la Suisse.

En 1835, le Bourgmestre Jean-Baptiste Brabant décide de fonder à Namur une académie de peinture, qui deviendra l'Académie des Beaux-Arts. Marinus répond à l'appel aux candidats et est désigné pour les cours de paysage. Rapidement il sera directeur de la nouvelle institution, où il restera jusqu'en 1882. Il fut, en 1845, l'un des membres fondateurs de la Société archéologique de Namur, la troisième de Belgique à être créée après celles de Bruges en 1839 et Anvers en 1843. Marinus s'éprit des paysages mosans et ardennais, qu'il préférait à tout en la matière, mais il réalisa également, selon le Dictionnaire des peintres belges, des scènes de genre, des portraits, des marines et des chevaux. Il peignit de nombreux paysages de notre région, y compris des ensembles décoratifs, ainsi entre 1851 et 1854, pour la salle du Conseil provincial, une série de paysages et de sites de la province. Pour cette fois il ne voulut pas être payé, entendant ainsi remercier la Province qui, chaque année, allouait un subside à l'Académie.

Il y forma de nombreux élèves , parmi lesquels Jean-Baptiste Kindermans (1821-1876), Jean-François Roffiaen (1820-1898), et Joseph Quinaux (1822-1895) sont les plus réputés, à part Félicien Rops (1833-1898) qui, tout en possédant comme eux la science du paysage, se fit plus connaître comme illustrateur et graveur. Sa renommée est grande depuis longtemps. On peut voir au Musée Rops une caricature que Félicien, alors élève à l'Académie, fit de son professeur.
                     

Thierry Oger

 

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Sources disponibles à la Bibliothèque communale, venelle des Capucins :

DULIERE, André : Les nouveaux fantômes des rues de Namur, Namur, Presses de l'Avenir, 1983
Arts plastiques dans la province de Namur : 1800-1945, Bruxelles, Crédit communal, 1993
Dictionnaire biographique namurois, Namur, Le Guetteur Wallon, 1999
Dictionnaire des peintres belges du XIVème siècle à nos jours, Bruxelles, La Renaissance du livre, 1995

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