Service à chocolat en porcelaine dure de Meissen (Saxe)

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Localisation : Hôtel de Groesbeeck de Croix : Musée des Arts décoratifs)

service a chocolat - de Meissen2Ce service en porcelaine dure, exposé sur la table de la salle à manger, a été confectionné à Meissen, vers la fin du XVIIIème siècle. Il s'agit d'un legs fait à la Ville de Namur par Madame Hélène Jeunehomme, en 1968.
Le secret de la fabrication de la porcelaine en Europe
La porcelaine a été inventée en Chine au VIIème siècle. Les Européens eurent vent de son existence grâce aux contacts commerciaux entre l'Orient et l'Occident au cours des XIVème et XVème siècles. Mais ce n'est qu'au XVIIIème siècle qu'ils réussirent à en confectionner.

service a chocolat - de Meissen3En Occident, il existe deux sortes de porcelaine : la porcelaine tendre et la porcelaine dure. Cette dernière a une composition chimique analogue à celle de la porcelaine chinoise grâce à la présence de kaolin, une argile très blanche et très fine constituant le corps de la pâte et la rendant malléable. Son procédé de fabrication a été découvert en 1709 par l'alchimiste Johann Friedrich Boettger en Saxe (Allemagne). Après quelques échecs, il présenta au roi Auguste II le Fort, vers 1715, de la porcelaine grossière mais tout de même blanche et dure. La fabrique de porcelaine de Meissen vit alors le jour. Sa production eut un grand succès durant le XVIIIème siècle et ce dans toute l'Europe, grâce aux arcanistes. Ces derniers étaient des anciens artisans d'une manufacture qui, au fil de leurs voyages et de leurs rencontres, répandirent leur savoir-faire et leurs secrets de fabrication.

Service à chocolat en porcelaine de Meissenservice a chocolat - de Meissen5Des produits de haute qualité  furent confectionnés à Meissen, dont des services de luxe mais également des rondes-bosses et des statuettes fantaisistes. Les sujets étaient tirés de la comédie italienne, de l'opéra et de la vie quotidienne. Deux candélabres décorés de figurines pastorales (XVIIIème siècle) conservés au Musée des Arts décoratifs en sont deux beaux exemples.

La chocolatière et son histoire

Consommé tout d'abord sous forme de boisson épicée en Amérique latine, le chocolat fut importé au XVIème siècle sur le vieux continent après la conquête du territoire des Aztèques par les Espagnols. Il eut un grand succès, notamment grâce aux vertus aphrodisiaques et dynamisantes qu'on lui prêtait. Pour neutraliser son goût amer, du sucre et du lait furent ajoutés, et on le consommait encore chaud, comme le café. Des chocolatières firent ainsi leur apparition, initialement en tant qu'objets de luxe.

Elles étaient réalisées en argent mais ensuite la porcelaine devint le matériau idéal, pour des raisons esthétiques et de confort. Généralement, c'est un récipient à panse muni d'un bec verseur et d'une poignée horizontale ou oblique. Un trou est créé dans le couvercle pour le passage du moulinet. Ce dernier fait mousser le chocolat afin de le rendre encore plus savoureux.

Particularités

Porcelaine de MeissenDans ce service, l'orifice pour le moulinet est dissimulé par une applique fleurie qui pivote au centre du couvercle de la chocolatière, qui a bien la poignée oblique à moitié en bois, ainsi qu'un bec verseur. On situe cet ensemble de porcelaine vers la fin du XVIIIème, grâce à la marque au revers des pièces, composée de deux épées et d'une étoile entre les pommeaux. Elle symbolise d'ailleurs le déclin de la manufacture de Meissen. Le décor, dont les couleurs dominantes sont le brun et le jaune doré, est exclusivement composé de bouquets de fleurs réalistes de différentes tailles. La disposition est régulière : un gros bouquet placé soit au centre de l'assiette, soit sur les faces les plus importantes des tasses et des bols, entouré de quelques fleurs éparses. Une même guirlande dorée entoure le marli des assiettes et le bord des différents couvercles. L'originalité de ce service réside dans l'anse des tasses et de la théière : elles est en partie rectangulaire. Cette forme géométrique et sévère, typique du style Louis XVI, tranche avec la liberté du dessin pour chaque bouquet, toujours recomposé et donc unique.

Anne-Sophie Fadeux

                
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Aperçu bibliographique :

GRAESSE, J.G.T. et JAENNICKER, E. : Les marques des porcelaines et faïences et poteries. Europe et Extrême-Orient, Paris, Editions de l'Amateur, 1987
MARTIN, H. (dir.) : Le style Louis XVI, Paris, Flammarion (Collection de précis sur l'histoire de l'art) 1925
SAMOYAULT-VERLET, C. : Le grand livre de l'objet d'art, Genève, Edito-Service, 1975
TARDY : Les poteries, les faïences et les porcelaines européennes, s.l., Tardy, 1997
Encyclopaedia Universalis, Paris, 2008

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