Trou perdu dans la neige - Eugène Colignon (Namur 1876 - 1961)

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Eugène COLIGNON
Trou perdu dans la neige
Huile sur toile, 80 x 100 cm (cadre : 94 x 102,5 cm)

Sur un sentier bordé d'arbres descendant vers le creux d'une vallée, des traces de pas mènent à quelques maisons, un trou perdu. Le jour se lève et on devine que c'est un soleil rouge qui rosit légèrement la lumière. Teintée d'ombres bleutées, la neige ne recouvre plus tout, le dégel semble s'annoncer, l'herbe reparaît par-ci par-là dans des tons aux accents ocre et vert, on commence à revoir les tuiles d'une toiture. La composition est articulée par le sentier qui la divise en deux parts inégales, celle de droite étant la plus étendue. De part et d'autre, les lignes droites et obliques des arbres, avec les courbes de la vallée et les taches de végétation (notamment des buissons sur la droite) donnent du rythme, une scansion à laquelle la masse des maisons participe.

Eugène Colignon, à l'instar de Jean-Baptiste Scoriel, excellait dans la représentation de paysages enneigés, comme cette œuvre l'atteste. C'est d'abord à l'Académie des Beaux-Arts de Namur qu'il entame sa formation. Il y est élève de Désiré Merny (1865-1947), bon paysagiste cependant méfiant des innovations artistiques, même s'il leur reconnaissait une légitimité, sans toutefois leur accorder de réelle valeur. Colignon poursuivra son apprentissage à l'Académie de Bruxelles chez Isidore Verheyden (1846-1905), peintre de portraits, de paysages, de marines et de nus. Celui-ci s'intéresse à l'expression de la lumière dans ses paysages de la mer du Nord et de la forêt de Soignes. Il fut également membre du Groupe des XX (1883-1893) à l'instar de Félicien Rops, James Ensor, Constantin Meunier, Théo Van Rysselberghe et d'autres. Ce cercle joua un rôle non négligeable dans l'éclosion de l'Art moderne, recevant à ses expositions des artistes devenus depuis célèbres tels Van Gogh ou Rodin, pour ne citer qu'eux. Colignon aura donc eu deux maîtres aux points de vue différents, ce qui est un enrichissement.

Il sera, lui aussi, attentif à l'expression de la lumière, à son rendu, s'étant de plus intéressé, au début de sa carrière, aux recherches, à l'œuvre de peintres néo-impressionnistes comme Seurat ou Signac, que l'on a également qualifiés de pointillistes. Il ne choisira finalement pas ce chemin. Eugène Colignon voyagea beaucoup, pour son époque : en Bretagne (1904 et 1918), en Provence (1908), en Algérie (1925) et en Italie (1928). Professeur de dessin à l'Académie de Namur de 1930 à 1946, il exposa aux Triennales de Bruxelles et d'Anvers, ainsi qu'aux salons du Cercle Le Progrès, à Namur, dont Désiré Merny, son premier professeur, fut le dernier président.
                     

Thierry Oger

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Sources disponibles à la Bibliothèque communale, venelle des Capucins :

TELLIER, Jules : Artistes namurois, Namur, Vers l'Avenir, sans date (+/- 1935)
Arts plastiques dans la province de Namur : 1800-1945, Bruxelles, Crédit communal, 1993
Dictionnaire des peintres belges du XIVème siècle à nos jours, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1995

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