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Une fleur des champs au cimetière de Wépion

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Le 12 mai 2016 fut un grand jour pour le cimetière de Wépion. Après un travail du sol en surface, c’est à cette date qu’ont été ensemencés une bonne partie de ses allées et cheminements. Depuis lors et à la faveur d’un printemps et d’un début d’été particulièrement humides, les cailloux ont progressivement verdi laissant entrevoir les jeunes pousses des espèces semées : fétuques, trèfle rampant, piloselle, brunelle commune… En tout, pas moins d’une petite vingtaine d’espèces indigènes qui ont pour mission de tapisser l’espace de la façon la plus rapide et homogène possible pour limiter l’arrivée d’espèces indésirables.

Un passage au cimetière de Wépion en ce début de mois de juillet laisse rapidement entrevoir que le semis réalisé deux mois plus tôt est un succès. Les allées sont déjà bien vertes et les espèces non désirées relativement discrètes. La première tonte permettra aux espèces semées de s’implanter au mieux. Grâce à la vigilance des agents du Service Nature et Espaces verts et avec la participation des familles pour contrôler la végétation sur les sépultures, Wépion rejoint ainsi le réseau de plus en plus fourni des cimetières namurois végétalisés.

Au détour d’une allée, dans un recoin travaillé en mai dernier, quelques plants discrets d’une petite fleur rose ont peut-être attiré votre attention. Il s’agit du muflier des champs (Misopates orontium).  Cette espèce indigène est devenue particulièrement rare dans nos paysages et cela partout en Wallonie. Il s’agit d’une plante messicole, une de ces plantes qui s’est tellement adaptée aux cultures de céréales qu’elle en a fait son habitat de prédilection. Le travail répété du sol par l’agriculteur est en effet essentiel à la germination et donc à la persistance de cette plante annuelle qui, chaque année, lutte pour sa survie. Suite à la généralisation de l’usage massif d’herbicides en agriculture, elle a très largement régressé. A tel point que la retrouver dans un champ à l’état spontané est aujourd’hui une vraie gageure.

Le mystère quant à l’origine de la présence du muflier dans le cimetière de Wépion reste par contre entier. Et si des graines avaient été emportées à son insu par un visiteur ayant traversé une culture avant de venir se recueillir ? Tous les scénarios sont possibles ... Des graines étaient-elles présentes dans la banque de graines du sol réactivée lors du travail en surface ce printemps ? Une présence accidentelle dans le semis ne peut pas non plus être exclue même si l’hypothèse est peu probable. S’agit-il d’une espèce présente de manière confinée dans les cimetières et jusqu'ici sous-détectée vu le traitement herbicide appliqué. S’est-elle maintenue à la faveur de poches de graviers non traités ?

Voilà en tout cas, une belle découverte qui démontre que le retour de la nature dans les cimetières est une évolution certainement très positive et quelque fois surprenante ! L’avenir nous dira si les cimetières sans pesticide peuvent devenir un habitat de substitution pour le redéploiement de cette espèce sauvage en danger. Une espèce qui a son petit secret pour se fondre dans l’environnement du cimetière …

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