Rue des Brasseurs, (Porte Monin) - Jean LEGRAND (Namur, 1906 – 2002)

Aller au contenu. | Aller à la navigation

Navigation

Navigation
Menu de navigation
Vous êtes ici : Accueil / Loisirs / Culture / Collections artistiques communales / Rue des Brasseurs, (Porte Monin) - Jean LEGRAND
Actions sur le document
Rue des Brasseurs, (Porte Monin) - Jean LEGRAND
Jean Legrand - Rue des Brasseurs (Porte Monin)

Vous n'aviez jamais vu d'œuvre de Jean Legrand ?  Oh que si ! C'est à son imagination que l'on doit les personnages de D'Joseph et Francwès, les deux chwès, personnages folkloriques d'une bande dessinée namuroise. Ils sont statufiés place d'Armes depuis 2000 (ce groupe appartient également à la Ville de Namur).

Dans cette vue de la Porte Monin (édifice du 17ème siècle) prise depuis les abords du halage avec la rue du Président en perspective, Legrand, dans un registre inhabituel pour beaucoup de Namurois, approche un de ses thèmes de prédilection : la Sambre et ses abords. Il aimait également peindre l'Ardenne et la Gaume. Cette vue de ville mérite certainement un détour, surtout si vous connaissez les bords de Sambre et que vous promener le nez en l'air est une habitude. Dans cette œuvre comme dans d'autres, l'artiste révèle son habileté à jouer avec la lumière, voire les couleurs, pour animer une composition bien construite.

A un large avant-plan légèrement nacré succède, en plan intermédiaire, dans des tons à dominante brune, la porte qui relie deux pans de mur dans les gris avec des touches de noir, de vert, de rouille. C'est autour d'elle que s'articule la composition. Par-delà, avec une touche de transition encore rouille sur la droite, la palette de Legrand s'éclaircit de plus en plus vers, en point de fuite, une tache de lumière blanche que rejoignent les nuages d'un ciel qui se dégage progressivement jusqu'à une zone bleutée dans la partie supérieure de la toile. La lumière vient de par là, le soleil est en dehors de la composition, comme au-dessus de la tête du spectateur. De petites touches bleues et rouille suggèrent l'animation de la rue du Président.

Né à Namur en 1906, Jean Legrand y a été formé à l'Académie des Beaux-Arts par Désiré Merny (Namur, 1865 – 1947), Henry Bodart (Namur, 1874 – 1940), Albert Dandoy (Namur, 1885 – 1977) et Eugène Colignon (Namur, 1876 – 1961). Membre du groupe L'Esquisse, il fréquentera également pendant la deuxième guerre mondiale l'éphémère Atelier 41, situé à La Plante, avec entre autres la peintre Yvonne Perin (Bruxelles, 1905 – Namur, 1967). Après la dissolution de l'Atelier et le départ d'Yvonne Perin de l'Atelier des Artistes mosans, qui avait pris le relais, c'est autour d'elle que se réuniront chaque semaine, au début des années cinquante, des artistes désireux de s'affranchir d'un certain académisme et venus confronter, échanger leurs idées et conceptions. Parmi eux Marcel Warrand  (né à Jambes en 1924), Louis - Marie Londot (né à Namur en 1924) mais aussi Jean Legrand, l'architecte Roger Bastin (Couvin, 1913 – Namur, 1986) et quelques amateurs d'art éclairés.

Outre les collections de la Ville de Namur, Jean Legrand est représenté dans celles de la Province et de l'Etat, qui a laissé en dépôt à l'Administration communale une vue de La Sambre à Marchienne.


                   Thierry Oger
                                       (Photo : Jacques Leurquin)

______________________________________________________________________________

Sources disponibles à la Bibliothèque communale, venelle des Capucins, 6 :

Arts plastiques dans la province de Namur / 1945 – 1990, Bruxelles, Crédit communal, 1991
Le dictionnaire des peintres belges du XIVème siècle à nos jours, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1995
Le patrimoine monumental de Belgique, vol. 5, t. 2, Liège, Solédi, 1975.

top