Mai 2025 - Source Namur Magazine #130
La solidarité en action !
En décembre dernier, la Ville de Namur a décerné le 119 e Prix Blondeau aux Frères Henri et Nico pour leur action sociale au sein de l’ASBL Les Sauverdias, à Jambes.
Personnes âgées précarisées, sans-abris, personnes étrangères ou souffrant d’alcoolémie, de dépendance à la drogue, jeunes en perte de sens… À l’ASBL Les Sauverdias, tout le monde trouve sa place.
En son sein œuvrent deux hommes de foi et de terrain, qui dédient leur vie aux plus démunis et portent l’espoir dans leurs actions quotidiennes.
Les Sauverdias, un refuge pour les plus démunis
Créée en 1987 par la Congrégation des Frères de la Charité, la maison d’accueil Les Sauverdias apporte un soutien essentiel aux personnes en détresse. Située à Jambes, bénévoles et Frères y accueillent jusqu'à 90 personnes, brisant l’isolement et restaurant la dignité de ceux qui en ont le plus besoin.
Frère Henri et Frère Nico, quel est votre parcours respectif ?
Frère Henri : « Je suis arrivé à Dave en 1981 pour travailler au Centre Hospitalier Psychiatrique. À cette époque, de nombreux patients chroniques ont été renvoyés dans la société sans accompagnement. Leur précarité m'a bouleversé et m’a poussé à agir. Avec l'appui des Frères de la Charité et de l'abbé Paul Malherbe, nous avons ouvert en 1987 la maison d'accueil Les Arondes, avant de déménager en 1995 pour offrir un accueil plus adapté sous le nom de Les Sauverdias. »
Frère Nico : « Originaire du Limbourg, j'ai commencé ma carrière en aidant des personnes en situation de handicap profond. Après avoir travaillé au Centre Saint-Lambert à Bonneville jusqu'à ma pension, j'ai voulu continuer à servir. C'est ainsi que j'ai rejoint Les Sauverdias en 2013. »
Pourquoi avoir fondé Les Sauverdias ?
Frère Henri : « Nous voulions offrir un lieu d'accueil aux ex-patients psychiatriques, mais très vite, d'autres personnes dans le besoin se sont jointes à nous : sans-abris, personnes isolées, jeunes en détresse... Aujourd'hui, nous servons de 50 à 60 repas par jour, en semaine comme le week-end. » Qu'est-ce qui rend cette maison unique ?
Frère Nico : « Notre accessibilité. Nous sommes ouverts du mardi au dimanche inclus, ainsi que les jours fériés avec un horaire étendu de 7h30 à 15h30. Outre les repas à prix modique, nous offrons la possibilité de prendre une douche ou de faire sa lessive. Nous travaillons en collaboration avec d'autres associations namuroises pour répondre aux différents besoins. »
Comment a évolué la pauvreté à Namur depuis 1987 ?
Frère Henri : « Elle s'est accentuée. Nous voyons de plus en plus de personnes en difficulté, y compris des travailleurs précaires. »
Frère Nico : « Heureusement, nous pouvons compter sur des dons alimentaires de grandes surfaces et de boulangeries locales. Mais nous devons sans cesse jongler pour que chacun puisse recevoir un repas. Nous ne bénéficions d'aucun subside régulier, hormis une aide de la Ville de Namur. »
Frère Henri, vous dites souvent : « La plus grande pauvreté, c'est la solitude. » Pourquoi ?
Frère Henri : « Vivre dans la rue, c’est une lutte permanente. La misère matérielle est une chose, mais l'isolement est encore plus cruel. Certains n'ont plus personne vers qui se tourner. Ici, ils trouvent un sourire, une écoute, et parfois, cela suffit à redonner un peu d'espoir. »
Quel est votre vœu pour l'avenir ?
Frère Henri : « Que l’ASBL Les Sauverdias puisse continuer ! Nous ne trouvons plus de Frères pour assurer le suivi et la charge, mais nous restons motivés à aider ceux qui en ont besoin. »
Que représente le Prix Blondeau pour vous ?
Frère Nico : « C’est une belle surprise ! Mais surtout, une reconnaissance de notre investissement auprès d’une population en difficulté, qui a de nombreux besoins. »
Frère Henri : « Travailler et œuvrer pour les gens dans la rue, c’était ma destinée. Ce que je fais, c’est naturel et ce n’est ni par obligation, ni pour une reconnaissance. »


