Août 2026
La Ville de Namur se munit d’un Plan Fraîcheur pour s’adapter aux dérèglements climatiques
L’été 2026 a battu tous les records. L’Institut Royal Météorologique a recensé depuis le mois de juin trois vagues de chaleur. À Namur, les températures ont avoisiné à plusieurs reprises les 40°C en plein soleil.
Les conséquences sont importantes : surmortalité, accroissement de la fatigue physique et mentale, des conditions de travail plus difficiles et une baisse de l’activité économique.
La Ville de Namur n’a pas attendu cet épisode caniculaire pour agir en faveur de la transition écologique. Dès 2020, l'« état d’urgence climatique » a été reconnu. En 2024, elle s’est dotée d’un Plan Air Climat Énergie pour renforcer la résilience de son territoire.
Cet été, elle a activé le Plan Fortes Chaleurs et Pics d’Ozone pour protéger les personnes fragiles, isolées et les plus exposées.
Face aux canicules répétées, la Ville a décidé de se munir d'un dispositif supplémentaire : le Plan Fraîcheur.
Concrètement, il s’agit d’une stratégie transversale, globale et coordonnée. Ce nouveau dispositif de politiques à court, moyen et long-terme repose sur trois axes : protéger la population, rafraîchir et transformer les espaces publics.
Plan Canicule
En parallèle, la planification d’urgence sera renforcée pour aboutir à la formalisation d'un Plan Canicule. L’objectif est de pouvoir agir dès les premiers signaux météorologiques, en renforçant notamment l’information de la population, le suivi des personnes vulnérables, l’ouverture de lieux frais, les maraudes et la coordination avec les maisons de repos, les services de secours et la médecine générale. Une attention particulière sera également portée aux événements, camps de jeunesse et autres activités exposées, afin de permettre une adaptation rapide des dispositifs de sécurité en fonction des conditions météorologiques.
Une stratégie globale et coordonnée
La première étape du Plan Fraîcheur est de cartographier les îlots de chaleur et de fraîcheur afin de déterminer les lieux les plus sensibles. Cela permettra d'évaluer la faisabilité de différents types d’aménagements urbains : espaces verts, zones d’ombrages, points d’eau, équipements climatiquement favorables ou encore un parcours fraîcheur.
Des stations météos seront installées pour améliorer les prévisions, mesurer les températures au niveau local et gérer les risques avec davantage de précision.
Pour faire face aux températures élevées, les différents bâtiments communaux ont fait, font et feront l’objet d’adaptations pour soulager nos enfants, nos aînés et aînées.
- Des aménagements seront effectués dans les écoles dont la rénovation n’est pas encore programmée : pose de films anti-UV, végétalisation des zones minérales et créations d’espaces de fraîcheur. Les travaux en cours et à venir intègreront, quant à eux, cette notion d'adaptation à la chaleur.
- Dans les crèches, des mesures de prévention sont déjà mises en œuvre en cas de canicule. Des aménagements progressifs seront mis en œuvre pour préserver la fraîcheur dans les bâtiments les plus fréquentés et les plus exposés.
- Les maisons de repos et les résidences-services feront l'objet d'aménagements : climatisation dans les pièces les plus chaudes, plantations dans les espaces extérieurs... Enfin, un protocole d’intervention sera élaboré pour réagir rapidement aux vagues de chaleur.
Trois mesures complèteront le dispositif d'aides aux personnes isolées:
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La création du Réseau Namur Canicule : ce réseau réunira les différents acteurs et actrices de l’Aide Sociale : Ville, CPAS, associations, acteurs et actrices des soins et de la santé. L’objectif ? Coordonner les actions et agir rapidement lors des épisodes de fortes chaleurs.
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Un registre citoyen sur base d’inscription volontaire : toute personne âgée et isolée pourrait s’y inscrire si elle souhaite qu’on s’inquiète de sa santé en période de canicule. L’objectif ? Faciliter le contact proactif lors des épisodes caniculaires.
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Les concierges de quartier : ils fourniront un travail et un suivi précieux pour le renforcement du réseau de solidarité de proximité auprès des personnes isolées et fragilisées dans les quartiers les plus densément peuplés.
Une stratégie d’ombrage et une ville fraîche
Pour atténuer les effets des canicules, différents moyens seront étudiés et réalisés afin de créer davantage d’espaces publics ombragés : plantation d’arbres, des bannes ou encore des dispositifs démontables.
Les projets du Parc des Dames Blanches et l’extension du piétonnier contribueront à végétaliser et à créer des zones ombragées dans le centre-ville.
Une importance particulière est accordée à la diminution de l’artificialisation des sols. Concrètement, la volonté consiste à : utiliser moins de bitume, déminéraliser, créer des sols vivants pour accueillir la biodiversité et faciliter la pénétration de l’eau.
En plus de cette stratégie d’ombrage, les villes ont également besoin de zones de fraîcheur. Bien que Namur dispose de différents points d’eau potable et de fontaines publiques, la volonté est de rendre l’eau et la fraîcheur encore plus accessibles. Cette ambition sera d’ailleurs inscrite dans la trame du futur Schéma de Développement communal.
Mais encore
Des soirées de sensibilisation et de conseils à destination des citoyens et citoyennes seront organisées. L'objectif sera de les informer sur les moyens simples et peu coûteux à mettre en place pour préserver la fraîcheur de leur logement.
De plus, la Ville de Namur participe au projet européen OSCAR pour trouver des solutions à la massification de la rénovation énergétique des habitations.
Le Plan Fraîcheur repose sur quatre piliers essentiels :la fraîcheur, l’ombre, l’eau et les espaces de fraîcheur. À terme, chaque citoyen ou chaque citoyenne devra pouvoir bénéficier dans son quartier, ou à proximité de celui-ci, d’un espace végétalisé, ombragé, d’un point d’eau ou de fraîcheur.


