Juin 2023
paracommandos belges entre 1945 et 1977
© CDO MUSEUM
La voûte de Thian est le nom donné au passage voûté qui relie l’intérieur du domaine fortifié à l’esplanade de la Citadelle. Ce nom lui vient du Comte de Mérode de Thian qui a défendu la Citadelle contre les Français à la fin du 17e siècle. Emprunté quotidiennement par des dizaines de visiteurs et visiteuses, ce point d’accès du site faisait grise mine avec ses murs sans parement et colonisés par la végétation. Une restauration s'imposait !
Quelques mots d'histoire
Ce tunnel existe depuis plusieurs siècles et abrite les entrées de différentes galeries souterraines. Le percement de la muraille qui permet sa connexion avec l’esplanade ne date quant à lui que de 1983 ! Côté domaine fortifié l’entrée est encadrée par deux tronçons de murailles qui datent probablement de la première moitié du 19e siècle, époque où la Citadelle est en partie reconstruite par l’Armée hollandaise.
Des murs sans "peau"
Le chantier de restauration en cours se concentre sur la partie située à l’intérieur du domaine fortifié, en particulier sur les deux pans de murailles retenant les terres de part et d’autre du cheminement. Cette partie est particulièrement endommagée puisque le parement, la partie visible d’un mur, a pratiquement disparu. Ce qui est encore visible, c’est l’intérieur du mur, c’est à dire la maçonnerie de blocage faite de pierres taillées de manière irrégulière et de mortier de chaux. C’est un peu comme si les murs avaient perdu leur « peau ».
Un chantier de restauration : entre restitution et interprétation
Pour restaurer ces murailles, il faut jongler entre restitution et interprétation. En effet sans parement, il est difficile de savoir à quoi ressemblaient les murs au 19e siècle ! Cependant des indices subsistent. On peut encore apercevoir des boutisses, de longues pierres de section carrée qui, aujourd’hui, dépassent de ce qu’il reste du mur. Ces éléments sont le squelette de la muraille car ils assurent la liaison entre la maçonnerie de blocage et le parement. Quant aux boutisses encore en place, elles permettent de connaitre l’épaisseur originelle du mur. Cependant, certains aspects des murailles restent méconnus. C’est le cas de la finition du sommet des murs ainsi que la manière dont ils se terminaient le long du chemin.
Les travaux ne feront aucune interprétation, la partie supérieure du mur sera simplement recouverte d’une étanchéité et d’une couche de terre. Quant aux extrémités des deux pans de murailles, elles se termineront de manière dégressive. La hauteur des murs diminuera progressivement jusqu’à atteindre le niveau du sol, comme à d’autres endroits du site. Concernant l’entrée, les pierres manquantes seront remplacées et la maçonnerie sera consolidée et nettoyée. Le chantier devrait se terminer cet été.


