Une fresque monumentale en hommage à l’Abbé André

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Octobre 2026

Rue Saint-Joseph, dans le quartier des Carmes à Namur, une énorme fresque colorée fait désormais vivre la mémoire de l’Abbé Joseph André (1908-1973)

Ce prêtre namurois a été reconnu "Juste" parmi les Nations par Yad Vashem pour avoir sauvé et protégé des enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. De 1942 à fin 1943, il a permis à plusieurs centaines d’entre eux d’échapper à la déportation et à une mort certaine.Fresque à la mémoire de l'Abbé André

À partir du Home de l’Ange, sa demeure, et grâce à un réseau d’aidants complices au sein du clergé, dans l’administration communale ou avec l’aide de personnes privées, il a pu cacher des centaines d’enfants dans sa propre maison ou s’assurer de leur sécurité dans des lieux sûrs aux alentours de Namur.

Cette fresque a été réalisée à la demande de l’asbl L’Enfant caché par l’artiste Amandine Levy Lesay du collectif bruxellois Propaganza avec la complicité de Farm Prod. L’œuvre conçue sur le mur de l’Institut Ilon Saint-Jacques plonge le spectateur dans une atmosphère sépia évoquant la mémoire et les photos d’archives. Les trois enfants représentés en bichromie expriment la peur et l’angoisse, tandis que les étoiles symbolisent l’espoir d’un avenir meilleur. L’abbé André, sur son vélo, devient leur sauveur et les accompagne vers la lumière et la liberté.

À travers cette œuvre conçue dans l’espace public, les enfants cachés et leurs familles souhaitent faire vivre la mémoire d’un homme qui a choisi de s’engager, mais aussi celle de tous ceux et toutes celles, habitants et habitantes de Namur ou d’ailleurs, qui ont collaboré à ses côtés pour sauver des vies au péril de la leur.

Inaugurée le 14 octobre en présence de descendants d’enfants sauvés, l’œuvre entend transmettre aux générations futures un message de mémoire, de solidarité, de courage et d’espoir sans se détourner des ténèbres dans lesquels cet épisode de l’histoire namuroise s’inscrit. L’inauguration constituait un moment symbolique destiné à rappeler que, même dans des heures sombres, des femmes et des hommes peuvent décider de résister, d'agir et de protéger.

Après la 2e guerre mondiale, l’Abbé Joseph André a continué son œuvre de solidarité et d'humanisme en accueillant des orphelins de guerre, des réfugiés hongrois en 1956 et en devenant ensuite aumônier de la prison de Namur.

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