Temps forts de l'histoire militaire namuroise

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Temps forts de l'histoire militaire namuroise

La chronique précédente nous avait entraînés sous les frondaisons de la Marlagne à la rencontre des fantômes, anonymes pour la plupart, à l'exception de Bertuin, qui ont illustré l'histoire ancienne de Malonne (Namur Magazine n035). Mais, pour les amateurs d'histoire contemporaine, Malonne, c'est aussi un fort construit entre 1888 et 1890.

Rappelons qu'à l'époque, la Belgique était neutre, qu'elle n'avait d'ailleurs pas participé à la guerre de 1870 opposant la Prusse à la France, et que, pour être prise au sérieux, du moins le pensait-on, cette neutralité supposait un certain potentiel militaire. Depuis le milieu du 16e siècle, Namur constituait la place forte principale des Pays-Bas, l'obstacle essentiel sur la route séculaire des invasions, la fameuse « trouée de l'Oise ». C'est cette importance stratégique qui explique les dimensions et les incessantes rénovations de la Citadelle ainsi que les sièges qui ponctuent son histoire.
Dans la seconde moitié du 19e siècle, l'adoption de l'artillerie rayée obligea notre pays à repenser son système de défense : les fortifications classiques n'étaient en effet plus capables de résister à ces nouvelles armes à la portée beaucoup plus grande. En 1887, le général Brialmont déposa devant la Chambre le projet de construction des nouvelles « positions fortifiées » de Liège et de Namur. Celle de Namur serait constituée, comme l'écrit J. Bouton, d' « une ceinture de neuf forts bétonnés et blindés qui se couvraient mutuellement et pouvaient interdire le passage sur toutes les routes de la région ». Ils devaient aussi être suffisamment éloignés de la ville pour épargner aux populations civiles des bombardements meurtriers. Enfin, la distance entre deux forts devait permettre l'utilisation d'un système de signaux optiques. C'est en vertu de ces principes que les autres forts de la Position Fortifiée de Namur furent construits à Suarlée, Emines, Cognelée, Marchovelette, Maizeret, Andoy, Dave et Saint-Héribert, sur les hauteurs de Wépion. Leur construction dura quatre ans. Largement enterrés, tous mettaient en oeuvre, pour la première fois chez nous, le béton et l'acier. Celui de Malonne était « de plan carré, avec murs d'escarpe et de contrescarpe percés de coffres armés de mitrailleuses défendant l'accès des fossés. La partie centrale du fort était défendue par une artillerie sous coupole permettant de tirer au loin et d'épauler les autres forts. » (J. Bouton) Ils subirent leur baptême du feu lors de l'invasion allemande d'août 1914, avec des sorts variables. La plupart furent soumis à de violents bombardements comme celui de Marchovelette où l'explosion des magasins à poudre provoqua de nombreuses victimes. Sous un déluge de feu, aucun ne put résister plus de trois jours.

Celui de Malonne, qui avait échappé aux bombardements, se rendit sans combattre. Aujourd'hui désaffecté, il sert d'asile à des myriades de chauves-souris et de but de promenade aux amoureux de la nature. La Marlagne a repris ses droits...

Jean-Louis Antoine

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