Texte lauréat dans la catégorie Collectif

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Le toit de la collégiale

Bong, Bong, Bong, mon cœur bat la chamade.

Pourtant, je suis là, je regarde ma ville qui dort tranquillement.

Cela fait plusieurs semaines que des bruits nous parviennent de Liège.

Il me revient que les rues sont à feu et à sang. J’ai peur, je tremble. Je suis terrorisée, je crains que ma ville ne connaisse le même sort.

Le sourire et la bonne humeur font place à des visages fermés et inquiets.

Petit à petit, la chaleur aux alentours s’intensifie.

Mes murs, d’habitude si frais, ressentent quelque chose d’inhabituel.

Bong, Bong, Bong, mon cœur bat si fort que j’ai l’impression que le monde peut l’entendre.

D’où je me trouve, je suis spectateur d’une ville qui est progressivement détruite.

Les personnes fuient les rues, abandonnent les ponts, et se cachent de cet ennemi qui s’approche à grand pas.

Je me sens de plus en plus esseulé.

Tout d’un coup, la lumière du ciel disparaît, tout est noirci.

J’aperçois, tout en bas, des familles séparées, des hommes abattus sous les yeux de leurs proches et des femmes torturées sous les coups de l’ennemi sans pitié.

Je vois également des enfants qui hurlent, pleurent et n’attendent qu’une chose: être protégés et espèrent que je puisse faire quelque chose pour les aider.

Malheureusement, la chaleur m’atteint également.

Les flammes commencent à me brûler lentement.

Bong, Bong, Bong, mon cœur peine à battre encore. Je commence à perdre mes idées, et bientôt, ma tête surchauffe.

Moi qui pensait être le «roc» de Dinant, être invincible, mes forces me lâchent, et les flammes ont raison de moi.

J’aurais tant aimé protéger les Dinantais et les Namurois de cette invasion, mais malheureusement, je ne suis qu’une pauvre victime innocente.

Ma tête s’enflamme et dans le lointain il est maintenant impossible d’entendre résonner mes cloches. Je suis un monument, je suis une collégiale, cet ouvrage ne peut rester impuni.

Et alors que ma ville pleure, je me consume...

Cela ne se peut, dites-moi que ce n’est qu’un cauchemar.

Mais en ce mois d’août, rien ne sert de prier... Les cris des enfants, les pleurs des âmes me disent que ces jours, pour moi sont peut-être les derniers et que ce feu qui me dévore embrasera bientôt le pays entier.

 

Texte de Lise Lorphèvre, Gilles Fondaire, Pierre Fondaire, Aline Frans et Lucie Dalé

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