Outils personnels

Aller au contenu. | Aller à la navigation

Navigation

Navigation
Menu de navigation

Histoire du bâtiment : l'Hôtel de Groesbeeck - de Croix

Vous êtes ici : Accueil / Loisirs / Culture / Musées / Les Bateliers / Musée des Arts décoratifs / Histoire
Actions sur le document

Le bâtiment du Musée des Arts décoratifs a été érigé au départ de l’ancien refuge de l’Abbaye de Villers-en-Brabant, mentionné dans les archives dès le 13ème siècle, transformé en 1605 et racheté en 1688 par la Baronne d’Harscamp.
Le plan en relief de Larcher d’Aubancourt en 1747 nous indique qu’il s’agissait d’une demeure avec un corps de bâtiment proche de la rue et une aile en retour vers l’avant au nord. Divers bâtiments de service y étaient accrochés ou proches. On voyait notamment au sud deux tourelles ainsi qu’un long passage latéral et une étroite aile à l’arrière au nord. Quelques traces, dans les caves ou les greniers, de la structure ancienne du bâtiment sont toujours visibles ainsi que la date de 1605 préservée dans les voûtes du vestibule.

Naviguez dans le plan en relief de 1750 via Namur 3D : cliquez sur l'onglet "Liste des couches" (en bas à gauche de l'écran) et sélectionnez "Plan relief 1750"

Un élégant hôtel particulier du Siècle des Lumières

Façade arrière du musée vers 1930
Façade arrière vers 1930, collection de la Fondation Société Archéologique de Namur

C’est le petit-fils de la Baronne d’Harscamp, Alexandre-François de Groesbeeck, seigneur de Franc-Waret qui, à partir de 1751, fit agrandir et habiller de neuf l’édifice par l’architecte Jean-Baptiste Chermane, qui le transforma en un élégant hôtel particulier, doté de tout le confort de l’époque (salle à manger, placards, alcôves, etc..).
L’architecte Chermane englobât les parties anciennes, en relia d’autres pour former un hôtel en U au niveau du rez-de-chaussée et en H au niveau du 1er étage. Ce plan particulier résulte de l’adaptation au bâti ancien proche de la rue ; il ne permettait pas d’ouvrir en façade une cour d’honneur fermée par un portail, comme c’est le cas dans les hôtels traditionnels.
Chermane usa donc du trompe-l’œil. Lorsque l’on fait face à l’immeuble, on pourrait croire que la porte d’entrée et les deux hauts panneaux qui l’accostent, cachent une cour. Il n’en n’est rien, puisque l’entrée se fait directement à rue à travers un long vestibule traversant de part en part l’édifice. A l’entrée, il est encadré de deux courettes et l’ensemble forme une large terrasse au premier étage.
Ces deux petites cours, pourvues chacune d’une pompe à eau, sont ouvertes sur chaque côté d’une haute fenêtre et d’une porte largement vitrée, véritables puits de lumière au cœur du bâtiment ! La lumière se diffuse également dans les couloirs de l’étage via un ingénieux système de fenêtres internes dans le grand escalier.

Chermane manie l’art du camouflage également à l’arrière de l’édifice. Ainsi, pour faire correspondre l’ancien corps du logis aux deux nouvelles ailes latérales, il recouvre d’enduit les claveaux des ouvertures pour donner l’illusion qu’ils sont minces et continus, il place au centre un avant corps en ressaut qui permet d’atténuer l’absence de symétrie et de rythme des ouvertures : l’œil semble ainsi corriger l’asymétrie !

Hélas, si les travaux furent entamés avec entrain, dans l’espoir d’offrir à la génération suivante un immeuble digne du nom de Groesbeeck, la suite est moins heureuse.
En effet, après la mort du premier fils du Comte à 15 mois, le second meurt à la guerre en 1757, puis la fille ainée en 1762, l’épouse également, la seconde fille et les sœurs du comte par la suite. Alexandre-François s’éteindra donc seul en son château de Franc-Waret en 1789 après avoir vu disparaître tous ses proches !
Cette destinée brisée semble être perceptible dans l’hôtel puisque seules deux salles furent richement ornées : la salle-à-manger et le boudoir de la comtesse. Les inventaires anciens ne citent pas d’autres décors ou matériaux luxueux. Par ailleurs, les récentes études stratigraphiques des lambris tendent à démontrer que ceux-ci ne furent peints que d’un rapide badigeon imitant le bois – encore bien visible aujourd’hui dans les petits appartements de l’aile sud.

Après la mort du Comte, l’hôtel passera par héritage à son petit-fils, le marquis de Croix à la fin du 18ème siècle. Ce-dernier et ses descendants n’occuperont que rarement l’hôtel au 19ème siècle. L'édifice sera néanmoins entretenu mais – fort heureusement – il ne sera pas mis au goût du jour et des progrès techniques. C’est donc presque intact, dans ses structures tout le moins, qu’il subsistera jusque dans les années 1930 pour ouvrir une nouvelle étape de son histoire.

Après la mort du Comte, l’hôtel passera par héritage à son petit-fils, le marquis de Croix à la fin du 18ème siècle. Ce-dernier et ses descendants n’occuperont que rarement l’hôtel au 19ème siècle. L'édifice sera néanmoins entretenu mais – fort heureusement – il ne sera pas mis au goût du jour et des progrès techniques. C’est donc presque intact, dans ses structures tout le moins, qu’il subsistera jusque dans les années 1930 pour ouvrir une nouvelle étape de son histoire.

top