Début de l’hiver ne rime pas spécialement avec neige, parfois la transition avec l’automne n’est pas encore complètement terminée.
Les tons ocres et orangés de ce tableau nous plongent en effet dans une période automnale, où les feuilles n’ont pas encore complètement terminé de chuter. Dans ce tableau de T. Delaus, dont nous ne connaissons rien, on peut deviner à travers la touche très abstraite une rive bordant un lieu qui semble boisé, une forêt ou un bosquet. Le plan d’eau est au premier plan, d’un gris jaunâtre, et à travers les ondes qui perturbent la surface, on aperçoit la réflexion des arbres qui nous fait nous rendre compte de la nature aqueuse de la surface. La rive quant à elle, est composée de traits épais de peinture, dans un mélange allant du brun au beige, s’emblant s’étirer depuis un point situé aux environs du centre du tableau. En arrière-plan, en dessous du ciel blanc jaunâtre, des arbres représentés en masses de couleurs, entre le noir et le vert sombre, définissant le dénivelé. Ils sont peints par des coups de pinceaux large en traits verticaux, perpendiculaires aux traits horizontaux de la rive.
Ceci illustre la capacité de Delaus à distinguer les différents éléments de ce tableau par la technique, en plus de la couleur ; en effet, l’empâtement permet de donner une sensation tangible à la rive, la mettant en relief, ce qui permet de bien sentir la différence avec les arbres du fond et le plan d’eau, eux bien à plat sur le support. Ce dernier est d’ailleurs assez original, car il s’agit d’un carton à bananes, ce qui illustre peut-être le peu de moyen du peintre voire une certaine ferveur à peindre peu importe le support. La scène est donc bien compréhensible, l’absence de figures ne nuit pas à son interprétation. Cela peut être imputé au plan d’eau, dont les ondes et les reflets sont étonnamment bien travaillés, ainsi qu’à la distinction d’une perspective induite par le jeu avec la matière qui permet une bonne séparation des plans.





